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Message original de jean-paul13 05 Déjà lu 742 fois avant vous
Posté le: Lundi 04 Mars 2019 à 07:59
Titre: Récits de chasse

A l'époque, il y avait un paquets de récits sur palombe.com ! et puis un beau jour, enfin pas si beau que ça... oups, ça a disparu. Pourtant on se régalait, on dégustait, c'était une petite pose sympa entre nous. J'ai donc fait mes premières armes dans le récit de chasse avec vous, puis j'ai été publié dans le chasseur français et aujourd'hui dans la revue " plaisirs de la chasse aux grands gibiers". Mon livre de chasse " Toine des garrigues" reprend quelques uns de ces récits, mais pas que...

Si vous êtes sages je peux poster des inédits, si ça vous chante, et vous, vous en avez bien quelqu'une à partager non ?

Réponse de jean-paul13 010 n° 1/13
Posté le: Lundi 04 Mars 2019 à 08:02
Titre: RE: Récits de chasse

Voilà la première, " La cagagne", c'est bien un mot de chez nous ça !

La cagagne

 

Pour les non initiés, c’est la chiasse, la diarrhée de chez nous. Si tu as la cagagne, il n’y a pas 2 solutions, il faut y aller, et vite…

Evidemment le souci c’est qu’on ne peut pas faire 2 choses à la fois !

Sauf que…

 

Evidemment bis, à la chasse c’est encore plus délicat.

Je ne parle pas de la chasse aux escargots, ou de celle aux champignons, cueillir un bourgogne ou un sanguin pendant l’effort, c’est assez commun. De fait c’est compréhensible parce que le regard est beaucoup plus près du plancher des vaches, et donc des bêtes à cornes ou des bolets.

 

Par contre avoir la chiasse à la chasse, c’est plus délicat.

 

Le petit papier essuie…tout fait parti du nécessaire et indispensable attirail du chasseur.

C’est gênant de devoir prendre soin de son illustre arrière train avec les épines d’argelas ou les feuilles d’orties !

Reste à le retrouver à l’instant T … parce qu’on ne s’en sert pas tous les jours et que depuis l’ouverture on ne sait plus dans quelle poche on a bien pu le planquer…

 

Et là c’est un moment de grande solitude du chasseur.

 

Quoique pas toujours justement.

Car c’est pendant ces longs moments de recherche infructueuse qu’il t’arrive pile ce qui doit arriver…

Combien d’histoires de palombes qui t’arrivent alors sur le chapeau, de lièvre débusqué inopinément juste au dernier effort, de goupil surpris … à te surprendre.

Bon, quelque part ce n’est pas grave et ça prête à sourire, ça fait parti des bonnes histoires qui font rire pendant nos repas de chasse.

 

Mais celle là, ça ne m’a pas fait trop rire sur le coup… je vous raconte.

 

 

C’était donc l’année où je chassais sans chien. Pour palier cet handicap, je marchais très doucement, en faisant le moins de bruit possible, à l’indienne, tout comme les chasseurs à l’arc.

J’avais aussi adopté une tenue camo .

Ce jour là, je n’avais pas vu le moindre bout d’aile, la moindre patte, rien.

 

C’est une chasse qui est très fatigante, nerveusement parlant, au bout de 2 heures à faire le sioux, j’étais « lessivé » et il m’importait seulement un bon petit repos.

Comme j’étais près du reposoir à palombes et que le jour déclinait, je tentais ma chance au petit bois, direction le petit affut près du gros pin.

 

Oui, mais arrivé là, je me suis tellement détendu que ça c’est aussi bien détendu au niveau des boyaux et que la cagagne fut …pressante.

Ni une, ni deux, tant pis pour les palombes, il fallait défroquer au plus vite.

Pour ça, pas de problème, mais comme je vous l’ai dit, pour le papier…. bézef ! (Niet en français dans le texte)

 

Je ne les ai pas entendu venir au début, j’étais tellement préoccupé avec mon souci de cellulose, et comme je n’avais pas non plus à disposition les petits jets d’eau hygiéniques des toilettes japonaises…à la guerre comme à la guerre, j’ai commencé à récupérer 4 feuilles par ci, 4 feuilles par là, mais avec les feuilles de chênes, je n’étais pas arrivé !

 

Mon Dieu quel canon !

Mais d’où ils venaient ces deux là !!!!je n’avais même pas entendu les vélos qu’ils avaient dû laisser au chemin…

Toujours est – il que j’étais bien coincé…et très- très gêné…

Le froc par terre, en camo, ils ne m’avaient pas vu, j’étais pourtant à moins de 10 mètres !

Si moi j’étais partiellement dévêtu, vous devinez bien qu’en ce qui les concerne…ça n’a pas trainé !

J’étais tellement gêné et …couillon, que je me forçais à bien regarder par terre, je me disais

 « c’est comme les bêtes, si tu ne les regardes pas tu ne vas pas attirer leur attention »

 

De fait vous devinez bien que les minutes ont duré des heures, j’étais à cou-cou, j’avais la tête repliée entre les mains… et les crampes qui montaient.

Les amoureux étaient tellement occupés qu’ils n’ont strictement rien vu (ni rien senti non plus !) et qu’ils sont repartis comme ils étaient venus.

 

Et moi j’étais doublement soulagé, pour les crampes et pour la honte s’ils m’avaient vu.

La fille je m’en souviendrai longtemps, si belle habillée, comme je vous l’ai dit, mon Dieu, mais quel canon !

 

 

Putain de chiasse, Putain de chasse !

 

 

Réponse de Banitcho 02 n° 2/13
Posté le: Lundi 04 Mars 2019 à 08:57
Titre: RE: Récits de chasse

Et un jour, au milieu de cette débâcle est arrivé un gros pet auquel à répondu par des aboiements furieux le brocard que j avais patiemment affûté.... adiou vedeous vacas y porquets.

Réponse de pescaire 00 n° 3/13
Posté le: Lundi 04 Mars 2019 à 10:46
Titre: RE: Récits de chasse

Jpaul j'ai adoré !

Réponse de Alain 47 03 n° 4/13
Posté le: Lundi 04 Mars 2019 à 19:37
Titre: RE: Récits de chasse

Jean- Paul  , moi aussi ça m'est arrivé d'avoir la caguére , mais pas qu'une fois

Un jour au poste lors d'une battue aux sangliers l'envie pressente m'a pris , j'en informe mon voisin de ligne et je descend dans le talus du petit ruisseau au bord duquel j'etais posté  . J'avais comme a mon habitude prevu le papier dans la poche et la chose fut torchée . Je reviens au poste et mon voisin me demande si ça s'est bien passé avec un grand sourire . Quelques minutes plus tard  , le ventre me gargouillait a nouveau ( oui , j'etais bien touché )et apres un petit signe a mon voisin je redescend vers le ruisseau , mais la plus de papier , alors j'ai bien pensé a descendre un peu plus vers l'eau , mais j'avais l'onglet au bout des doigts et avec la temperature negative qu'il faisait j'ai un peu hesité .

Bon ! tampis , je me suis dit  , et avec beaucoup de courage je me suis lavé le c.l avec de l'eau glacée.

Quand je suis revenu a mon poste , je vous dis pas le sourire moqueur de mon voisin quand je lui ai raconté que l'eau etait froide

Réponse de pelucq 01 n° 5/13
Posté le: Lundi 04 Mars 2019 à 20:00
Titre: RE: Récits de chasse

Bonsoir, très bonne rubrique créée par Jean-Paul13 ça va être amusant de lire ces récits.

Réponse de roger's 65 09 n° 6/13
Posté le: Lundi 04 Mars 2019 à 23:46
Titre: RE: Récits de chasse

Mon histoire, (vraie)

Dès mon jeune age  la passion de l'oiseau bleu commençait à m'envahir; n'ayant pas encore l'age requis pour chasser et à la faveur de la présence de nombreuses palombes lors de la remontée à la fin de l'hiver je décidais de franchir le pas. Je m'emparais du vieux Lefaucheux  de mon pére,le démontais et le remisais dans un sac de jute pour le cacher et me rendit dans un bosquet ou j'avais remarqué la venue de palombes.  Le sac sous le  bras je me dissimulais en longeant les bois en espérant ne rencontrer personne  et surtout  de la garderie...J'arrivais à destination et commençait l'attente caché  contre un tronc.Un moment passat et comme jean-paul13 un besoin  pressant fit son apparition. Je baissa  mon pantalon et soulageat mon intestin, au méme momment  un bruit  d'ailes se fit entendre et  en face  de moi  à  une distance que je saurais évaluer je vis une palombe posée. Un trouble me parcourrut, me relevais doucement, saisit le fusil, le pantalon en bas   des jambes, je mis le fusil contre mon épaule et fit feu. Un nuage de fumée (poudre noire) se répandit autour  de  moi , et  j'entendit le bruit  de la palombe qui touchait  le sol. Des  plumes  bleues  continuaient  à virevolter. Je venais  de prélever ma "Premiére Palombe"  J'étais pas peu fier de mon trophée et je quittais prestement  le bosquet  pour montrer ma  premiére prise

 

Réponse de Banitcho 012 n° 7/13
Posté le: Mardi 05 Mars 2019 à 00:28
Titre: RE: Récits de chasse

En parlant du fusil du grand père, enfin, du grand oncle,borgne avec la crosse qui vas avec: tordue avec l avantage qui permettait en epaulant à droite de prendre la bande de l oeil gauche. Cui la était pendu à côté du moulin à café sur la cape de la cheminée et les cartouches à broche dans une boîte à biscuits planquée dans la soupente.un jour,profitant de sa visite au médecin pour cause de cagagne persistante, on pris le tout et on décida de l essayer dans le pré d à côté, moi à 12 ans et mon cousin 13. Après avoir chargé consciencieusement l outil, chiens à demi armés, clef bien verrouillée je pressais sur la première détente, et là me retrouvais sur le cul à la suite d une détonation digne d un feu d artifice du 14 juillet... des flameches sortaient encore du canon et à dix mètres de là brûlaient des choses qui ressemblaient à des bouts de papier...l oncle avait tout simplement planqué un rouleau de billets de 1000 francs,produit de la vente de volailles,dans les deux canons.( y avait la même dans le côté gauche). Comprenant notre chance du fait que le fusil ne nous ait pas pété à la figure, nous l avons remis à sa place ainsi que les cartouches...
On n as jamais entendu parler de rien !!! C était à manosque en 1968.

Réponse de jean-paul13 08 n° 8/13
Posté le: Jeudi 07 Mars 2019 à 07:53
Titre: RE: Récits de chasse

ps pour vous envoyer mon roman de chasse "Toine des garrigues" dédicacé me tel au 06 81 86 59 60 ou mail  jean-paul.cappy@orange.fr

 

Souvenirs de chasse de Gamins

Le virus chasse m’a atteint précocement, à l’époque la Diana 25 était synonyme d’une certaine liberté. On n’avait pas la Game boy et porter sous le bras la carabine à plomb conférait un certain respect des autres gamins. On partait en « chasse » dès la sortie du biberon et après les premiers essais avec une vieille carabine que l’on armait de bouts de patates à la place des plombs. On s’en prenait toujours quelques uns dans les fesses et ça nous faisait rire, c’était la version moderne de la guerre des boutons.

La terre de mes premiers exploits c’était un dépôt de chemin de fer, il s’y trouvait sur les voies de garage de vieux Wagons rouillés placés à proximité d’un silo de céréales. Donc, ça attirait forcément les moineaux, et gibier de roi, les pinsons en hiver. A cette époque là j’étais «  l’ornithologue » de la communale et je distinguais sans soucis le pinson des arbres du pinson du Nord.

Bref, j’étais pas mal atteint.

Je pratiquais dans une vieille carcasse de wagons, des «  meurtrières » en perçant simplement le métal bien rouillé, j’avais apporté une vieille couverture, quelques toutes premières cigarettes « troupe » dégottées auprès d’un gamin dont le frère était en service, et je me gelais royalement pendant des heures à l’affut des moinillons que j’essayais de faire approcher en laissant au sol une longue traine de graines dont les dernières butaient presque au pied de l’affût.

A l’époque, tout le monde se foutait bien de mon cinéma, et il n’est jamais venu à l’idée d’un gendarme de venir me déranger dans mes manœuvres guerrières d’autant plus que je faisais œuvre d’utilité publique en dégommant plus souvent un gros rat qu’un pauvre moineau suicidaire.

En tous les cas les quelques moineaux qui ont fait les frais de cette passion naissante ont tous finis dans nos assiettes ou dans celle de la vieille tante de Léonce qui ne mangeait pas souvent de la viande à midi, ni le soir d’ailleurs. Ce «  don » me réconciliait avec moi-même car au fond de moi je savais bien que j’étais un gros «  hors la loi » et en revenant de chez la tante j’étais tout ravigoté sur mon vélo à une seule et unique vitesse et je faisais déjà les plans pour la prochaine chasse en consultant l’almanach des P et T pour voir la situation de la lune et supputer les premiers passages des pinsons du Nord.

Au besoin, je changerais de carcasse de wagons et j’en aménagerai un autre si le Mistral se mettait à souffler plus que de raison car les oiseaux ne posaient plus strictement au même endroit quand le Mistral soufflait plusieurs jours, ça les «  dérangeaient ».

Moi aussi d’ailleurs…avec le recul je me rends compte que j’étais bien un peu «  dérangé »  et de conserver en bouche toujours un ou deux plombs pour recharger plus vite car je manquais beaucoup- j’étais gelé et la visée n’était pas simple en grelottant !-n’a pas du arranger  mon état cérébral, mais là aussi à l’époque on ne connaissait pas le saturnisme !

J’ai encore le souvenir de ce gout de plomb semi -conique en bouche, j’ai encore le souvenir des doigts gelés, d’un moineau tout chaud qui réchauffait ma main, de ces premières cigarettes qui me tournaient la tête et du regard de tante Léonce au moment de partir.

Réponse de jean-paul13 03 n° 9/13
Posté le: Vendredi 08 Mars 2019 à 15:43
Titre: Brut de cueille

ps pour vous envoyer mon roman de chasse "Toine des garrigues" dédicacé me tel au 06 81 86 59 60

ou mail  jean-paul.cappy@orange.fr

 

On dira que le personnage principal était Président de FDC (pour rattacher aux histoires de chasse)

Il aurait pu être Président de Chambre d’Agriculture ou de tout autre Chambre consulaire ou d’organisme professionnel.

On est en Aveyron.

La petiote vient de passer avec brio l’entretien d’embauche, il ne reste que 2 candidats éligibles, elle a toutes ses chances.

Il reste une petite formalité : le Président lui demande de venir chez lui pour discuter plus amplement du Poste, un repas « à l’ancienne » sera partagé en famille, l’entreprise est conduite de façon familiale, c’est de bon ton…

Emilie se pointe donc à date et heure précise.

Le président l’accueille cordialement, on passe le seuil de la porte.

Au milieu de la salle à manger, une très grande table en chêne, très ancienne, traditionnelle avec des creux en forme d’assiettes creusées dans la table.

- Femme, sert nous !

La femme, soumise, ne pipe mot, elle prend de grosses louches de soupe et envoie directement dans les 2 creux de la table. Elle reste en retrait, ne se met pas à table elle-même.

Le président englouti la soupe à grosses lampées, des bruits porcins s’échappent, Emilie entend même un « vent » puissant suivi d’un rot non moins guttural.

Emilie n’ose rien dire, elle ne veut pas perdre espoir d’obtenir son premier travail. Elle subit ainsi 1 heure durant les manières « brutes de cueille » et d’une impolitesse inouïe du Président siégeant sur son trône. Il n’est pas question de parler du poste à pourvoir, le Président d’ailleurs ne parle … de rien! … on dirait qu’il ne s’occupe pas le moins du monde de son invitée…

Emilie est au bord des larmes, le regard quémandant un secours auprès de la dame du Président. Celle-ci est droite comme un cierge, au garde à vous, le regard fixe, lointain, inexpressif.

Le Président se lève enfin, sans avoir une dernière fois asséné un dernier ordre : cette fois c’est le chien qui, venant on ne sait d’où, s’élance sur la table et finit directement les restes dans les trous de la table.

Heureusement, le Président fait un signe à Emilie, celui de la sortie… elle n’attendait que ça.

- Pour le travail, on verra, ça vous a plu ?

- ?

-ça vous a plu la soupe ?

-Oui, oui, bien sur

-j’y ai mis des couilles de porc pour le gras, c’est meilleur.

Emilie a dû faire 200 ou 300 mètres, le temps de tourner 2 ou 3 virages et d’échapper à la vue du grand monsieur, elle a laissé tourner le moteur, elle est sortie de sa voiture, a tout vomis.

Au bureau, les collègues lui ont demandé si bien sur ça avait été avec le Président.

Le temps a passé, Emilie a été embauchée.

Le Président a organisé comme chaque année une réunion « galette des rois » et alors que tout le monde déguste la galette il interpelle Emilie avec sa voix tonitruante :

-Alors, le diner chez moi, ça vous a plu Emilie ?

Emilie est livide, elle n’ose pas…

Puis c’est un énorme éclat de rire général, le Président reprend la parole

-Bon bizutage Emilie !

C’est ainsi que ce cher Président « brut de cueille » accueillait les nouveaux venus, sa façon à lui de les tester !

C’est une histoire vraie à 100 %. Et elle n’est pas Marseillaise !

 

Réponse de jean-paul13 05 n° 10/13
Posté le: Lundi 11 Mars 2019 à 13:47
Titre: RE: Récits de chasse

Mon premier « gros » gibier

C’était à Villeneuve. Des Villeneuves il doit y en avoir un bon cent en France, là je vous parle DU VILLAGE de Villeneuve DE CHEZ MA GRAND MERE- paix à son âme-.

Donc, à Villeneuve Papi et Mamie s’étaient retirés en retraite. Après la mort de Papi, Mamie avait conservé un gros bon bout de jardin à l’écart des voisins agriculteurs.

Elle faisait des tas de confitures et de conserve qu’elle rangeait à la cave, une grande cave ou elle mettait bien rangées les bouteilles de piquette de vin de la coopérative, les pots de fruits et légumes et le charbon de bois.

Pendant qu’elle s’escrimait à cultiver son bout de terre, (à l’époque ce n’est pas croyable ce qu’elle arrivait à sortir de ces 3 000 m²- la famille chargeait des coffres entiers de 4L-), moi je passais mes vacances à déglinguer les moineaux qui se gavaient de cerises et du grain des poules.

Mais ça n’était que « petits » gibiers de poche que j’affutais par tous les temps près du poulailler. Au début de mes exploits cynégétiques j’avais une carabine à plombs sans marque et sans puissance et les pauvres moineaux se faisaient « finir » par les poules. En citadin reconverti j’ai vite appris que ces poules apparemment tranquilles étaient en fait de vraies carnassières et elles avaient le vice d’attendre en bas du grillage qu’un moineau se casse la figure du bon coté pour le récupérer et courir à qui mieux- mieux pour achever le malheureux et le décortiquer en pièces.

Du coup, je n’en récupérais pratiquement aucun !

Par la suite on m’a offert la superbe Diana et les moineaux tombaient raides morts de mon coté, ou parfois ils restaient accrochés au grillage, et les poules se sont rapidement désintéressées du jeu.

Pas si con une poule !

Mais bon, dans ma tête de gamin, trottait l’idée d’enfin avoir un « gros » gibier et la Diana ne me permettait guère d’accéder à ce rêve secret. Au mieux j’avais réussi à enquiller quelques pies voleuses et à obtenir les compliments de la grand-mère.

- « Tu devrais aller voir un peu à la cave près de la chaudière à charbon, Papi a dû laisser un vieux fusil, je ne sais pas trop s’il est encore bon, je l’ai vu hier par hasard, il est entouré de vieux tissus… »

C’est vrai que là où il était, il aurait pu y rester encore …Sans vraiment être caché, la pétoire était placée dans un coin à l’abri de la moindre goutte de lumière, enveloppée en plus de tissus à moitié déchirés, bref elle était restée ainsi des années durant et elle sentait l’humide.

Malgré la rouille le système d’armement à culasse fonctionnait encore, c’était déjà ça !

Après j’ai recherché dans le placard les boites de pandore du matériel de rechargement des cartouches de Papi et j’ai fini par mettre la main sur une boite de 24 dont il restait une paire de cartouche de 9.

Ça allait pile ! C’était donc du 24.

J’ai astiqué la pétoire, huilé le canon et pris milles soins de rénovation comme j’ai pu, chargé et déchargé avec une cartouche, viser plusieurs fois à vide, bref, j’ai passé le reste de l’après midi à m’habituer à ma nouvelle arme.

Le soir venu j’ai eu du mal à m’endormir. J’avais enfin un vrai fusil, et 2 cartouches. Pour le « gros » gibier, il allait falloir ne pas rater son coup !

Je m’endormais avec une seule idée en tête, quoiqu’il en soit, il faudrait absolument que ce soit « au vol ». Donc se serait obligatoirement « à plumes ». 

Restait à savoir quoi !

Parce qu’à plumes, qui vole, « gros » et qui passe sur le jardin… n’y avait pas grand-chose ! Au mieux des étourneaux, mais ça ne faisait pas assez gros pour satisfaire ma folie des grandeurs de Gamin -chasseur…

A moins que j’arrive à en faire plusieurs en un seul coup, ça pourrait aller.

Je me suis dépêché d’aller affuter derrière le gros cognassier.

Ces étourneaux qui d’habitude passaient en paquets serrés se moquaient de moi, au mieux ils me survolaient par 1 ou 2, maxi en tous petits paquets, mais jamais serrés les uns des autres. Ca ne ferait jamais le « gros coup » ! J’en étais là de mes réflexions et je quittais l’affut, bien décidé à y revenir en soirée.

La journée passa ainsi, le repas de midi pratiquement sans conversation car j’étais tout à mes réflexions et à mes stratégies cynégétiques à venir.

A 16 heures précises, j’étais derrière le gros cognassier, derrière moi le champ était en jachère, la grand-mère appliquait une rotation stricte du non cultivé, c’était surement le secret des rendements fabuleux qu’elle tirait de son bout de terre.

En tous les cas, si ça tombe dans les trente mètres, ça ne sera pas compliqué de récupérer le « gros » gibier.

J’en étais là de mes réflexions quand le miracle se produisit, ce n’était pas un mais un paquet de gros qui me fonçait droit dessus, et pas hauts !

Le 24 bien devant, j’avais visé le premier mais c’est quant même un de la queue du vol qui décrocha.

Et se cassa royalement la gueule à la limite des fameux 30 mètres !

Ni une, ni deux, je récupérai mon « gros » gibier et courait comme un fou à la maison.

Quand j’ai déposé mon gibier sur la table, ma grand-mère que je n’avais jamais entendu prononcer de ma vie le moindre gros mot salua ainsi mon exploit :

« Mais putain, tu as tué un pigeon de la voisine ! »

Voici quelques commentaires " critiques" sur mon livre roman de chasse

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Merci de m'avoir lu !

Réponse de B32000 03 n° 11/13
Posté le: Lundi 11 Mars 2019 à 17:22
Titre: RE: Récits de chasse

j' avais 11 ans et une carabine 12 millimètres,pour les vacances de Noel, je me cachais à une dizaine de mètres d' une haie, bien emmitouflé dans une parka de l' armée, derrière quelques branches et j' attendais, les merles et les grives, et j' en tué, des fois juste blessé le merle était récupéré quelques jours après et bien maigre mais quel beau souvenir après vers 14 ans .........je vous raconterai une autre fois

Réponse de jean-paul13 03 n° 12/13
Posté le: Jeudi 14 Mars 2019 à 17:50
Titre: RE: Récits de chasse

Ma première ouverture

J’avais donc passé l’âge de la Diana et de la première cartouche au calibre 24.

J’étais devenu grand.

En tous les cas suffisamment pour obtenir mon premier permis. Inutile de préciser qu’en ce qui concerne l’examen, à l’époque ça n’allait pas chercher bien loin, cela avait été simple formalité. Il suffisait de répondre exactement le contraire de ce que j’avais appliqué jusqu’alors sur le terrain !- surtout pour les questions, je tire- je ne tire pas !!!

Donc je passais de l’âge jeune braco -tout fou -tire tout -à celui d’adulte chasseur responsable.

Ce sont donc les moineaux qui ont été soulagés ! Il n’était plus question de déplumer le moindre piaf qui n’avait pas au moins la taille du dindon.

Au moins.

Pour l’occasion de cette première ouverture, j’étais accompagné par mon oncle et j’avais laissé le vieux calibre 24 à la maison, pour un dindon, ça faisait trop léger !

Comme moi j’étais aussi « léger » et que j’avais peur du recul, j’avais opté pour le calibre usuel à l’époque : le 16. J’avais acheté en armurerie au moins 10 boites, je crois bien qu’il y avait une boite de chaque numéro !!!

La veille on avait fait les cartouches de 12 de l’oncle, il y en avait de toutes les couleurs en fonction du numéro de plomb, comme il était un peu bigleux, il savait qu’une rouge correspondait au 4 et une bleue au 6. Et une noire au 5, réservée au lièvre.

Lièvre, au singulier car on en connaissait qu’un, un « monstre » qui baladait en plaine.

Mon oncle avait une théorie bien ancrée et personnelle pour débuter l’ouverture : rester sur les chemins de terre car le capucin dérangé les emprunterait à coup sur… il n’a pas du être dérangé souvent car pour ma part j’ai jamais vu le gros lièvre gambader tranquillement sur le moindre chemin… Par la suite j’en ai culbuté un dans les carottes et un en vignes, mais ça c’était plus tard.

Revenons à cette première ouverture.

J’ai vite compris que la chasse était pour mon oncle une occupation ni plus ni moins qu’une autre, de fait il n’avait PAS DU TOUT de fibre cynégétique, pas le moindre sixième sens, ni le cinquième d’ailleurs puisque la vue lui faisait faux bon. Il avait de belles « loupes ». De plus il était un gaucher qui s’ignorait. Suivant les travaux il était soit droitier, soit gaucher. Manque de bol, en ce qui concerne le fusil, il était gaucher alors que le vieux Darne convenait plutôt à un droitier ou au mieux un ambidextre. Bref, il tirait comme une passoire…

Je m’en suis très très vite rendu compte. Alors que je décidais d’un commun accord avec moi-même de quitter le sentier et d’enfin mettre les bottes dans la gadoue, une petite compagnie de cailles démarra dans lesdites bottes. Comme elles allaient tout droit en direction de mon oncle, je me contentais de les suivre du regard.

Je m’imaginais déjà les petits rôtis aux petits salés en gorge…mais les 2 coups du Darne suivis… d’aucun effet… me firent vite ravaler ma salive.

Fort heureusement 2 d’entre elles avaient décollé en retard et les boules culbutèrent sur le labour. J’en revenais pas, c’était mes premières cartouches pour de vrai (à part l’épisode du pigeon de la voisine au 24, mais ça compte pas…). J’ai aussi très rapidement appris à rester un peu plus humble car pour retrouver mes rôtis, pour un ça a été simple, pour l’autre… même le chien Oscar qui faisait aussi ses débuts n’a rien trouvé.

Oui, j’ai oublié de vous dire qu’Oscar faisait ses débuts. En fait il aurait été plus juste et précis de l’appeler Oscar 6 ou 7 car il était au moins le numéro 6 des chiens successifs de mon oncle qui s’étaient tous appelé Oscar…

Je pestais de ne pas retrouver ma seconde caille.

«  Elle y était pourtant, elle est tombé pile ! »

« Ça ne sert à rien, tu l’aurais vu depuis… »

Mon oncle avait déjà rappelé le chien, je supposais que quelque part…il était jaloux !

Ça ne s’est pas amélioré par la suite, j’ai eu la chance de tomber mon premier colvert en Durance pendant que mon oncle a manqué suffoquer après avoir raté en belle un coq faisan.

« Oh, le salaud ! »

Ça c’était son expression favorite qu’il aboyait surtout quand c’était inratable.

« Oh le salaud ! »

Ça c’était pour le garenne qui avait attendu gentiment de se faire mettre en joue, mon oncle avait très bien visé, très longtemps, trop longtemps car il avait oublié dans l’excitation de tirer « toujours un peu au dessus » comme il me l’avait dit lui-même…

Quant à moi, la liste c’était suffisamment allongée pour qu’avec Oscar on se décide à tout faire pour que mon oncle ne revienne pas bredouille. Pas besoin de parler, le chien Oscar lui, il avait le sixième sens et il se doutait bien que d’une façon ou d’une autre si le patron n’avait rien, ça lui retomberait dessus. Pour éviter la gamelle vide, dans sa tête de cabot il a vite compris qu’il fallait faire quelque chose …

L’occasion était belle, pour la seconde fois on avait entendu à quelques minutes d’intervalle

« Oh, la salope ! »

La poule faisane devait un peu en avoir marre de se faire tirer dessus ainsi et elle s’était reposée en plein milieu d’un labour, peut être pour se suicider ou narguer un peu plus mon oncle, allez savoir !

Après, vous avez compris la suite, le chien devant « doucement, doucement, doucement !!!mais merde, doucement !!! », moi à coté de l’oncle, et l’oncle à l’arrêt au cul du chien.

J’ai eu la présence d’esprit de tirer exactement en même temps que mon oncle qui a récupéré « sa » poule.

« Ah, quand même, tu as vu Jean-Paul, elle n’a pas fait un pli celle là ! »

« Oh, oui mon oncle, tu as vraiment fait un tir royal ! »

J’ai attendu 5 bonnes minutes pour enlever la douille avec discrétion et en priant Saint Hubert qu’il ne me parte pas un gibier pendant que le canon de droite était déchargé.

Saint Hubert m’a très bien entendu et on n’a plus vu… aucun gibier de la matinée.

On a pris le chemin du retour, mon oncle me laissant l’honneur de porter « sa » poule. En passant à proximité de mon doublé de caille j’ai dit à l’oncle

« Robert, je retourne au doublé récupérer mon mouchoir »

Est-ce la lumière qui avait changé ? J’ai récupéré mon mouchoir, et la caille raide morte à moins d’un mètre de là.

Depuis j’ai toujours laissé un mouchoir là où un gibier tombe.

Mon oncle aussi mais il en a tellement laissé pour me faire croire que le gibier était touché !!! qu’il doit encore y en avoir quelques uns oubliés dans ces coins de Durance.

Et même une très vieille palombe qui se rappelle avoir entendu siffler les plombs et puis aussi la voix tonitruante juste après :

« Oh, la salope ! »

Merci de m'avoir lu, je ne vous redonne pas les coordonnées pour mon livre...

a+

jp

 

Réponse de Banitcho 00 n° 13/13
Posté le: Samedi 16 Mars 2019 à 17:51
Titre: RE: Récits de chasse

Jp, ces histoires je les aimes parce que cette durance avant et apres le canal , je l ai faite en long en large et en travers, en allant a pied aux mees ou a vinon. Y avait pas l autoroute non plus et des bosquets a pigeons en plaine. Oui, nous on dit en plaine... Villeneuve et volx ou peyruis, c etait perdreaux rouges,grives ,lievres et des chiees de lapins. Le permis coutait 50 francs et tu pouvais chasser de sisteron a pertuis. L iscle comme on y disait. C est loin et ça fait du bien d en parler. Fabio.

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