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Ayant lancé le sujet il est normal que je réponde à cette question.
Intéressant ce post urtzoa. Je suis tombé dedans quand j’étais tout petit, la quête de cet oiseau m’apporte des moments inoubliables d’échange avec un amis que je considère un peu comme mon papa. chaque moment passé à préparer, arranger, remettre tout en place le matin de bonne heure, casser la croûte ensemble et arriver à intéresser et poser ces palombes m’incite au final, à appuyer sur la détente pour en prélever un peu.
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Très bon sujet, je déveloperais mais une fois la fermeture faite, je risque être long, là, pas question de raté le lever du jour
A plus tard
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Réponse de mon grand ami Rinaldo de Romagne qui écrit depuis des années dans le magazine Palombe et Tradition.
Un amoureux inconditionnel de l'oiseau bleu ainsi que son binôme Sylvano
Cher Christian,
Tu m'as offert un morceau de ton âme, et je te le rends avec gratitude, en toute amitié.
Tes mots sont magnifiques.
Moi aussi, j'ai commencé à chasser les pigeons ramiers très jeune… Je devais avoir dix ans.
J'avais l'habitude de faire de la moto avec mon père… nous parcourions 50 km ensemble pour atteindre un petit col.
Un merveilleux voyage pour ressentir les émotions les plus pures.
Mon père tirait à la volée.
Je me souviens de ces moments avec une grande nostalgie.
Je me souviens de tant de détails avec une profonde émotion.
Je suis entré dans un labyrinthe de sensations pures il y a plus de soixante-cinq ans et je n'arrive toujours pas à en sortir.
De temps en temps, je me dis que l'année à venir sera ma dernière et après…
Merci, merci, merci pour ces magnifiques mots que tu as dédiés à notre immense passion commune.
Je t'embrasse fort et… continue comme ça !
Salut mon ami.
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Chose promise chose du
Je constate dans se monde qui deviens de plus en plus individualiste des vrais passionné il n'y en a pas t'en que ça
Alors, pour répondre a la question du sujet de se post, c'est bien une question que je me suis posé depui bien longtemps, il est vrais que je prélève aujourd'hui riens qu'aux filets, je précise, filet horizontal dans un bois a essence magoritaire de chêne
Jamais, non jamais je n'ai tuer une palombe après un *barrat* trop belle qu'elles sont
J'ecrit a titre personnel, jamais je n'ai jamais fêté un cumul de prise en faisant pété un bouchon de champagne
La passion, c'est comme mon intimité mon sang ma sueur c'est là dans mes trippes c'est plus qu'une convition que j'ai découver en moi grasse a mon maître apprentissage qui m'avais surnomé le singe parce que j'avais une certaine dextérité a grimper aus arbres, chose que je fait toujours avec un profond plaisir
Ma première palombe que j'ai tiré, manqué heureusement, je m'en souvient comme si c'était hier tout comme la première que j'ai prise au filet quelque année plus tard
C'est a 40 ans que m'on maître d'apprentissage, toujours lui, m'a proposer un petit jouquet en haut d'un chêne, là, ça été un moyen de se déconnexté de la vie trépidente déjà a l'époque de se retrouver en famile, je dit bien en famille, épouse et enfants dans un havre de paix interrieure en osmose avec la nature, je précise mon épouse sort d'une famille de chasseur de palombes aux filets
Saison après saison se jouquet je l'ai transformé en vrais cabane fontionnelle en hauteur, sauf que pour satisfaire ma passion je lai abandonner, la pression de chasse étant la, la tranquillité avais fondu comme neige au soleil
Il en est ressortie que de cette experience j'ai forgé mes arme avec qui j'ai découver mon coté ingénieux en moi, se don de la bricolle, parce que je crois pour se dire passionné il faut savoir tout faire du sol au plafond
Les pseudos jeunes avide de reseaux sociaux qui se dises aujourd'hui passionné jusqu'au plus profond de leur chair et qui ne grimpe pas au arbre cela ne me la ferons pas
J'ai pousser la porte d'un propriétaire qui ma donner l'autorisation d'exploité une percelle vierge loin de toute instalation
Donc, j'ai monté avec l'aide de la famille une nouvelle chasse de A/Z en ne faisan pas les même erreur que la première
C'est notre petit paradis que je laisserais en héritage a mes enfants, ils le sevent
Riens que pour cela, je ne turais pas une palombe, sauf cas exeptionnel
Maintenant je comprend que cette pratique du prélèvement avec un filet ne peu être pratiqué partout, de plus aujourd'hui je ne sais si en 2026 je pourais continué a le faire, mes ma décision et prise, personne ne m'empèchera d'être dans mon havre de paix durant la saison a me faire plaisir avec ma philosophie d'observé des palombe posées sans lever un tube
Ceux qui sont annimé par une politique de prélèvement iraisonné sous prétexte de mille excuses, c'est cela même qui tue la poule aux oeufs d'or
Je ne sais combien de temps il me reste devant moi, mais je finirais ma vie dans mon paradis que je me suis fait ici bas
Merci de m'avoir lu
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Chasseur je le suis depuis le premier Noël ou le père Noël m’a apporté une fronde et un arc avec des flèches embout avec ventouse…que bien sûr j’ai sorti pour rendre le bout de la flèche pointu…bon ensuite ce fut le parcours habituel d’un gosse dont la famille était chasseur.
Puis dès mes premiers permis j’ai vu passer les premiers vols de palombes…Dans ma région à l’époque la chasse de la palombe se pratiquait et se pratique toujours pratiquement que par le tir au vol, ce que bien sûr je me mis à faire. Le passage où je pratiquais étant les Corbières je mis peu de temps à trouver un petit col où elles passaient en octobre. Après mon mariage avec une Leucatoise, je m’apercevais qu’elles passaient encore plus nombreuses au retour au mois de mars au bord de la mer…bien sûr c’était autorisé et donc avec des chasseurs Leucatois je tirais la palombe durant ma semaine de congé que je bloquais en Mars… jusqu’au jour où a l’âge de 60 ans je découvrait la chasse en Palombiere sur « Palombe.com…moi qui rêvait depuis tout jeune de faire une cabane dans les arbres pour pouvoir tirer sur ces oiseaux…je me dis j’ai raté un truc!
Bon je suis tombé sur des palous généreux qui n’ont pas été avare de conseils et qui m’ont même offert des appelants(!) . Donc malgré mon âge un peu avancé je me suis lancé dans l’aventure… que du bonheur malgré l’évolution du trajet des oiseaux qui depuis plusieurs années a changé, au point que l’an passé après quasiment 18 ans j’ai décidé d’arrêter la Palombiere… mais pas la chasse à la palombe…étant curieux et ayant toujours rêvé de voir une chasse au filets , j’ai eu la chance d’être invité par des palous toujours aussi généreux …je suis donc venus pendant 16 jours voir cette chasse . Que de patience, que d’ingéniosité, que de sacrifices, par ces palous car je l’ai compris cette chasse aux filets demande je crois encore plus de travail pendant 12 mois que celle que j’avais pratiqué ( je vais passé les details).
Pourquoi j’aime cet oiseaux?
D’abord cet oiseaux est beau, je dirais même magnifique et qu’il soit piou ou âgé sa beauté ne disparaît pas avec l’âge comme nous…
Ensuite c’était un oiseaux qui dans nos régions était rare, en effet à l’époque il ne faisait que passer, il ne séjournait pas même à partir de mars il y en avait pas. Donc cette rareté me faisait encore plus rêver …d’où venait il? De quel pays? Où va t’il?
Bien depuis j’ai un peu progressé grâce au site d’Olivier (merci à toi) et son extension fait que si on en voit peu passer en octobre dans la région d’Aude où je suis, elles sont de plus en plus nombreuses à partir du mois de mars..et maintenant comme je ne les tire plus en mars depuis que je me suis mis à la chasse en palombiere, je leur donne à manger dans le jardin, elles le méritent…
Bonjour Christian, bonjour à tous
J'ose écrire à nouveau sur le forum grâce à toi Christian. Cela me rappelle des temps anciens où nous échangions sur des sujets menant à la réflexion. Et puis, au fil des ans, nous nous faits qualifier de donneurs de leçons, de moralisateurs...
Par ton légitime questionnement, tu donnes enfin du corps au forum en traitant d'un sujet de fond.
Aimer et tuer... aimer ou tuer...aimer pour tuer...aimer sans tuer,Il me semble déjà donner quelques pistes et par là même quelques élèments de réponse qui expliquent les comportements des différents membres de l'ensemble des paloumayres.
Passsion,pulsion,prétention sont d'autres mots qui peuvent aussi guider notre pensée. L'être humain est d'une complexité totale. Il est caractérisé par un ensemble de sensations, de réactions qui se révèlent plus ou moins dans sa vie, le tout empreint de fortes contradictions.
Bref Christian, je me sens totalement de ta famille et je n'ai point envie de me justifier davantage. Par rapport à ce problème de fond, seul l'individu sensé et capable de prendre du recul, sans oublier l'histoire de l'humanité, pourra essayer d'y répondre.
Merci à ceux qui voudront bien prolonger cettte belle rencontre
Dan de la Castagnère (sans titre de noblesse!)
J'ai pourtant relu mais j'ai oublié un mot en somme, le tout assorti d'un faute d'accord (ou pas d'accord!). Il s'agit d'écrire "nous nous sommes fait qualifier..."
Merci pour ce forum Christian, c’est toujours très plaisant de pouvoir te lire.
Bonjour, le sujet est intéressant, mais trés complexe, pourquoi chasser et tuer ce que l'on aime, on n'a plus besoin de çà au 21 eme siècle, un des argument de nos détrateurs, mais quand à 7 ans tu n'as d'autre idée en tête que la nature, oiseaux, truites, et tout le reste, que personne ne chasse ni ne pêche dans ta famille, c'est grave docteur, donc c'est peut être çà la raison, pourquoi tuer ce que l'on aime, l'instinct primaire, tuer, plumer, vider, faire cuire et manger, tout homme qui se dit chasseurs doit savoir faire çà, comme mes ancêtres que je n'ai pas connu. Aprés ce n'est que de la philosophie, quand aux gens qui traitent les autre de donneurs de leçons, il faudrait qu'ils commencent à les apprendre, j'ai 72 ans et j'en apprend encore
Oui Espagne et je rajouterai une chose que j'ai omise...on aime les animaux et on en tue certains. Pourquoi? Parceque il faut le dire on l'aime aussi dans l'assiette.
Et que les détracteurs ne viennent pas me dire que c'est mauvais. Que je sache la viande est faite aussi pour nourrir l'homme il est difficile de s'en passer on peut cependant la réduire et encore cela dépend de l'âge de celui qui consomme. Supprimer la nourriture carnée à un jeune est vous verrez le résultat...et les végétariens ne le sont le pas jeunes et en plus ils se bourrent de protéines soit en mangeant des œufs (futurs animaux..) soit en sachet de la pharmacie...
perso je ne devrais plus en manger ( ou alors très peu du fait d'une maladie) mais cela ne change rien à l'affaire, le gibier fait partie d'une chaîne , chaîne où il nourrit les prédateurs...et l'homme est un prédateur...
Bonjour à tous.
Bien que non paloumayre, je me permets de m'immiscer dans ces échanges forts intéressants.
Je pense que la passion anime tout vrai chasseur( passion pour la nature où l'on évolue, passion pour le ou les gibiers recherchés, passion également pour nos auxiliaires ailés ou à 4 pattes ).
L'acte de chasse, au sens large du terme reste ,qu'on le veuille ou non, une recherche puis une capture (éventuelle) d'un animal traqué. Selon moi, il n'y a aucune antinomie entre aimer passionnement un gibier et lui donner la mort (but initial de la chasse depuis la nuit des temps ).
Cependant, je suis aussi convaincu, qu'avec le temps, l'âge,la vision personnelle, face à la mort du gibier peut changer et l'on peux ne plus avoir envie de mettre fin à la vie d'un animal sauvage en pleine possession de ses moyens de défense et celà quelle que soit l'espèce chassée (car toutes, je dis bien toutes, méritent le même respect ).
Il y a même une forme de satisfaction intérieure personnelle de pouvoir faire ce choix.
Super content de constater l'éveil de certaines consciences... et la participation de palous que j'apprécie.
Salut à tous....
J’ai découvert les palombes en les voyant de prés tout en tenant les rênes d’une de nos juments qui tractait une herse pour recouvrir le blé que mon grand père venait de semer. Elles me suivaient à distance raisonnable et se moquaient de moi la main tendue pour essayer de les attraper, il existait déjà en moi cet envie de capturer l’animal sauvage comme nous le faisions à la campagne pour tout oiseau de passage les grives étant les plus espérées. Les palombes me fascinaient, j’avais toujours l’espoir quand j’arrivais au bout du rang et que je faisais manœuvrer « Coquette » pour en prendre un autre qu’une d’entre elle serait prise dans le piège de mais mains. Mais celles-ci s’envolaient pour revenir très vite derrière moi et le champ de blé enfin recouvert elles disparaissaient.
Pendant la migration puisqu’on ne les voyait qu’à cette époque elles aimaient venir se coucher dans les chênes derrière la grange où nous avions nos vaches.
Je les regardais par le « fenestrou » qui servait à envoyer le fumier au dehors de l’étable et déjà j’imaginais comment me rapprocher d’elles pour les capturer. J’ai essayé de sortir faire boire à la mare une vache en me collant à elle pour ne pas être vu mais cela n’était pas la solution, elles s’envolaient en revanche s’était une astuce qui fonctionnait pour les vanneaux.
Mon grand père un lecteur du « Chasseur Français » savait qu’il fallait installer une cabane dans un arbre avec quelques pigeons face à la venue de l’oiseau bleu pour le faire se poser et le tirer au fusil. Cela fut fait non sans mal puisque je n’étais qu’un gamin à qui pesaient tous les outils pour cette réalisation, mon grand père n’étant plus déjà très leste. Seulement l’enjeu en valait la chandelle puisque nous les ruraux nous vivions en interne, et ce que la nature nous offrait nous le prenions avec plaisir, c’était toujours un plus culinaire.
Mon aïeul qui ne m’appréciait pas spécialement voyait qu’il y avait un intérêt à s’investir pour se qu’il appelait la venue bleue et se mit à me confier des responsabilités aussi minimes soient elles dans cette mission qui consistait à prendre ces gros pigeons sauvages.
Cela nous rapprocha un peu et il m’expliqua que depuis qu’il était revenu de la guerre son plus grand souci était de nourrir sa descendance. Il avait d’ailleurs quitté sa Bretagne natale pour s’installer dans le Sud Ouest en espérant une vie meilleure.
La vie de la ferme n’était pas facile mais nous ne manquions pas de nourriture, poules, lapins cochons, canards et enfin l’animal sauvage prélevé dans notre campagne était un plus surtout le jour dominical quand le cousin de la ville était convié par ma grand-mère à partager le repas. Si la chaise sur laquelle celui-ci posait ses fesses n’était pas des plus accueillantes le contenu de l’assiette lui faisait oublier qu’avant lui c’était le chat qui était à sa pace mais lui il n’aurait que les restes du repas.
Chasser les palombes ce gros oiseau bleu dodu plus imposant qu’un pigeon de la ferme qui volait le grain des volailles pour peu de viande, devenait un travail utile à notre vie de paysans. Surtout qu’une fois les semences finies on disposait de temps libre Il ne s’agissait pas de faire commerce de nos prises, du moins pour nous mais d’assurer quelques repas hors du commun. Alors nous nous mettions à penser à quelques artifices pour attraper encore plus d’oiseaux.
Je réfléchissais beaucoup pour apporter des solutions, jusqu’à en rêver la nuit et je me réveillais très reposé. Chasser les palombes chez nous était devenue une activité normale de la ferme, enfin c’était plus que cela puisque nous en parlions souvent le soir et je dirais même que cela animait nos soirées surtout les plus difficiles comme celles devant la cheminée avant d’aller se coucher l’hiver dans le lit avec la bouillote qui réchauffait juste les draps.
Nous nous sommes améliorés dans méthode de chasse et les prises se faisaient plus importantes, ma grand-mère nous disait que cela suffisait et cela a cessé quand mon grand père un matin est parti.
Celui-ci m’avait appris une vérité qui m’avait coqué, car il prétendait que pour sauvegarder l’animal il fallait le consommer pour que la race dure. Il faisait allusion notamment au cheval de trait parce qu’il voyait que le tracteur le remplacerait.
S’i n’y a presque plus de pigeons dans les fermes c’est certainement parce que les agriculteurs préfèrent consommer des palombes, et j’ai bien l’impression qu’en effet plus il s’en prélève plus la population de celles-ci semble se maintenir.
Que deviendront-elles si elles devenaient à ne plus être chassées ?
Voilà chez nous de modestes ruraux chasser la palombe consistait à prélever pour améliorer le quotidien du moment.
Le plaisir consistait à trouver la manière de faire venir l’oiseau sur les branches, de se montrer plus malin que lui mais pas de le tuer, il fallait pourtant le faire pour garnir son carnier.
Capturer des palombes était une de nos quelques fiertés de ruraux !
Cela à changé avec le temps passé, chasser la palombe n’est pas une nécessité culinaire, mais un besoin certainement de conservation des traditions en ce qui me concerne et surtout de vivre le souvenir familial de ces automnes fabuleux.
Bonjour jaime les belles belle histoire...
Bonjour!
Quelles lectures au réveil......................!
Mes yeux se sont embués de vous lire! Un grand merci, pas d'autres commentaires...
Bonne journée à vous toutes et tous !
Comment cela Claude pas de commentaire ?? Un filetaiaire comme toi? Tois qui m'en a tant donné! Cachotier...on le sait tous que tu aimes la palombe et tu aimes sa chasse...
Bonjour Roro!
Tout est dit dans les messages précédents le mien. Quand on a le bonheur de vivre ces instants, on ne peut pas rester indifférent.
Je regrette que ce soit devenu "du passé", mais je rêve encore de les avoir vécus et plus, quand ils étaient partagés. Mes vidéos sont un bon médoc!
Bonne journée à vous tous...
Bonjour à tous,
Effectivement, il s’agit là du sujet central de notre passion, et il mérite d’être traité avec le plus d’honnêteté possible afin de se comprendre et de se faire comprendre. Aborder cette question par le biais de la biographie personnelle est probablement la méthode la plus pertinente. Merci URTZOA 24 ! Vos premiers témoignages me touchent sincèrement. Ils m’obligent donc à témoigner et à partager mes propres convictions sur ce paradoxe.
Tout d’abord les fondements de ma passion… Né en 1980, j’ai grandi dans une petite commune à la campagne non loin de la ville rose. Mes premiers souvenirs me ramènent dans l’ancienne ferme familiale où mes parents habités deux pièces sans eau chaude, avec toilettes au fond de la cour et cheminée centrale. Le reste de la masure était habité par le frère ainé de mon papa, son épouse d’alors et ma cousine qui fit office de grande sœur.
Du côté maternel comme du côté paternel, j’eus la chance d’être entouré de gens aimants et passionnés qui m’ont fait partager leur connaissance de la nature : pêche à la ligne et à la mouche avec les tontons, chasse avec mon père mon oncle et mon grand-père, jardins potagers avec ma mère et mes grands-mères, montagne et champignons avec à peu près tout le monde…
Même si à l’époque où je grandis les ressources issues de la chasse, de la pêche ou de la cueillette ne sont plus indispensables pour se nourrir, il n’en reste pas moins qu’un bon chasseur, pêcheur ou cueilleur est estimé. Car dans les cuisines familiales tous les perdreaux, lièvres, cailles, faisans, bécasses, palombes, dorades, truites, mousserons, cèpes et autres champignons améliorent le quotidien et sont apprêtés de mille façons. Sans le savoir, se tisse en moi un rapport au goût intimement lié à ma qualité de membre de cette tribu de chasseurs cueilleurs. Les émotions de la bonne chère suivent celles des parties de chasse ou de pêche.
Et la palombe dans tout ça ! Eh bien, il faut remonter dans les années 70 auprès de mon aïeul maternel qui décide de construire une palombière dans le Tarn et Garonne. Il l’installe sur pylône dans un bois à proximité d’une petite maison secondaire aménagée au milieu des champs et des bois. Il y chasse avec des amis et y reçoit les jeunes cyclistes du club de vélo qu’il avait fondé quelques années auparavant ; mon papa et mon oncle maternel faisaient partis de la bande.
De cette première palombière, je ne garde que quelques souvenirs de froid, de temps d’attente infinis et de pénombre lorsque les palombes étaient en approche. Pas de quoi intéressé le garçon de 6-8 ans que j’étais à l’époque.
Début des années 90, mon grand-père est contraint de déménager la palombière pour cause de coupe du bois. Il construit donc une nouvelle palombière sur une autre parcelle de bois toujours à proximité de la maison secondaire devenue résidence principale entre temps. C’est dans cette cabane que ma passion pour la palombe se forgera. Papi Robert m’initiera à la chasse à la palombe : soins des appeaux, signes avant-coureurs de la migration, semeyrage selon la situation, utilisation des armes à feu.
Mais il fallait des moments clés, des instants rares qui ne se produisent pas souvent. Un des principaux eut lieu je ne sais plus quel jour exactement. Papi était parti chercher le repas de midi, j’étais donc seul au poste. Le temps était gris et froid. J’étais en mode veille, pas trop attentif, lorsqu’un un vol d’une centaine de palombes arriva depuis le côté de « Pellemoutou » sur notre gauche. Après avoir fébrilement semeyré une paire d’appeaux, tout le vol se posa autour de moi et le temps s’arrêta. Transit d’émotion, je me glissai à l’étage du dessous pour viser et tirer un oiseau posé dans le chêne le plus proche. Je ne me souviens même plus avoir fait mouche ou pas, mais l’émotion demeure depuis. Dès lors, je ne manquerai aucun mois d’octobre à la palombière de Saint-Arroumex où je viendrai passer un maximum de week-ends et toutes les vacances de Toussaint auprès de mes grands-parents maternels.
Début des années 2000, je m’installe en Aveyron où je demeure depuis. Avec ma compagne, nous fondons un foyer et avons le bonheur d’accueillir notre premier fils en 2005 (le 13 octobre !), puis notre second en 2008. Côté chasse, le passage de palombes sur notre couloir tarn et garonnais continue de diminuer comme peau de chagrin. Les dernières saisons, nous comptabiliserons en moyenne une cinquantaine de vols sur trente jours de chasse.
Afin d’assouvir ma passion, je décide en 2010 d’acheter un bois et une palombière en Lot et Garonne. Le choix fût fait lors d’une invitation du vendeur en octobre 2009 : en 2 heures de temps je vis autant de vols qu’en trente jours de chasse ! Mon grand-père ne chassant alors plus depuis plusieurs années, m’incita à franchir le pas. Il teint également à participer financièrement aux travaux engagés en 2012 pour agrandir et rehausser la cabane. Durant ses dernières années, devenu aveugle, il était alité. Chaque fin de saison, je lui racontais les journées de grandes de migration ainsi que les anecdotes de la saison écoulée. Il m’écoutait silencieux, remuant légèrement la tête de haut en bas avant de me poser ses habituelles questions : rappel des principaux chiffres, nouvelles mécaniques, améliorations à venir … Ainsi, il poursuivait sa passion et n’oubliait pas de me rappeler de bien en profiter ! Aujourd’hui à la gueyte, je vis ma propre passion certes, mais je me dois de prolonger également la sienne en la transmettant le plus fidèlement possible.
Pour compléter l’histoire familiale, il est important que je rende hommage à ma maman qui depuis mon installation en Lot et Garonne s’est chargée de l’élevage de nos palombes. Héritée de son père, sa passion de l’élevage est un trait d’union entre quatre générations désormais.
Pour moi, vous l’aurez compris la passion de la chasse à la palombe est un tissu d’émotion où s’entrecroise héritage familial, partage et respect du vivant.
Après le fondement de ma passion, le paradoxe philosophique : « Alors pourquoi tuer ce que l’on aime ? ». Je vais formuler ici une réponse personnelle radicale : je tue des palombes parce que je suis un prédateur qui mange de la viande, et que cet acte de prédation est l’aboutissement d’une pratique cynégétique culturelle que je souhaite voir perdurer car elle donne du sens à ma vie.
Je suis donc en mesure d’affirmer que lorsque je tue une palombe dans ma palombière, je termine un acte de chasse qui n’est tenable moralement qu’à une seule et unique condition : que la palombe tuée soit mangée par moi-même ou par un tiers. Cet argument est à mon sens le seul défendable, car n’oublions pas que la vie est une occurrence rare dans tout l’univers observable. Tuer pour manger, manger pour vivre.
Nous comporter comme de simples animaux primates en haut de la chaîne alimentaire ne suffit pourtant pas. Nous sommes la seule espèce animale qui se distingue des autres par notre capacité à échapper au déterminisme de la prédation. Aussi, j’estime qu’il convient d’assortir notre pratique d’une éthique qui doit se traduire par des faits : éviter les tirs hasardeux ; tout mettre en œuvre pour rechercher un oiseau blessé ; tuer le plus rapidement possible tout oiseau capturé blessé ; lorsque le tableau de chasse est suffisant relâcher les oiseaux pris au filet ou s’abstenir de tirer.
Pour aller plus loin, tout chasseur responsable doit désormais s’assurer que l’espèce chassée et le milieu dans lequel il pratique son activité cynégétique se portent bien. La protection de notre environnement est une affaire bien trop sérieuse pour qu’on la laisse à des associations, à des partis politiques et à des juges qui prennent l’écologie par le petit bout de la lorgnette.
L’avenir de la chasse passe par son écologisation : chercheurs, experts et ingénieurs seront bien plus utiles que des manifestants. Dans le monde qui advient, la chasse des principaux gibiers à disposition doit pleinement jouer son rôle. Mais c’est là un autre sujet …
Palombe12, je partage à 100% ta position concernant le prélèvement d'oiseaux à la condition qu'il soit consommé, parce que c'est le respecter !
Chasser pour améliorer le quotidien est pourtant très, très, très loin derrière moi.
Ma pensée est que l'animal n'est pas une cible pour justifier quelques scores de prélèvement, je pense qu'il faut tenter de prendre si l'on est persuadé de prélever autrement on s'abstient, les tirs loupés étant parties intégrantes de la chasse.
Je suis certain que cette pensée assurera un avenir pérenne de la chasse, du moins pour celle qui nous intéresse en Dordogne s'agissant de faire se poser une palombe.
Merci Palou 12 pour nous avoir fait partager ces...tes... instants de vie, d'émotions et d'avoir su poursuivre tes rêves...
Bonsoir à tous,
Difficile de prendre la plume après une telle série de témoignages qui prennent aux tripes. Merci Christian (Urtzoa) d'avoir ouvert cette brèche dans nos carapaces, et merci à tous, de DD24150 à Palou12 en passant par l'histoire touchante de Legitan, pour cette sincérité qui fait du bien.
Ce paradoxe, "tuer ce qu'on aime", je crois qu'il est le propre de ceux qui vivent la nature de l'intérieur, et non comme un simple décor.
Pour moi, aimer la palombe, ce n'est pas seulement l'observer de loin avec des jumelles. L'aimer, c'est vouloir s'inscrire dans son monde, faire partie de son histoire, ne serait-ce que pour une seconde. On passe 11 mois à la servir : on soigne les arbres, on entretien le sol, on bichonne nos appelants mieux que nous-mêmes... Tout ça pour elle. Si ce n'est pas de l'amour, c'est de la folie, mais c'est une douce folie.
Le prélèvement ? C'est l'acte final, parfois nécessaire, souvent redouté, toujours respecté. Comme l'a si bien dit Palou12, nous sommes des prédateurs, certes, mais des prédateurs conscients. Quand je ramasse une belle bleue au sol, il n'y a jamais de cri de victoire, mais un silence. Une main qui lisse les plumes, un remerciement muet pour l'émotion qu'elle a offerte. Et plus tard, quand elle est partagée autour d'une table avec ceux qui comptent, elle continue de vivre à travers nos souvenirs et nos liens d'amitié.
On la tue peut-être parce qu'on veut posséder, ne serait-ce qu'un instant, cette liberté sauvage qu'elle incarne et qui nous manque tant dans nos vies modernes. Elle est notre lien avec le sacré, avec la terre, avec nos anciens.
Tant que ce frisson sera là au moment où les ailes claquent le matin, tant que le respect l'emportera sur le score, notre passion aura de l'avenir.
Au plaisir de vous lire et bonne fin de saison à tous.
J'ai lu cet témoignage..qui sont vraiment fantastique en lisant j'imagine vos écrits...avec les yeux humide...
sur mon premier post j'avais oublié...je complète.
Pourquoi on aime et on tue à la fin la palombe ?
En fait, la chasse à la palombe est une passion. Et une passion est toujours difficilement explicable.
Pourquoi cette passion?
En effet, beaucoup de chasseurs de palombes vivent sa chasse, non pas pendant un mois et demi, mais pendant pratiquement 12 mois sauf les jours de pluie ou de tempête, encore ces jours-là, ils réfléchissent aux problèmes : en effet, une chasse à palombière, quelque soit son mode, je veux dire au filet ou au tir posé, nécessite une installation en perpétuelle évolution.
De cet état de fait, on peut dire que le chasseur de palombe pour quelqu’un qui ne connaît pas cette passion, passe pour un illuminé présentant une idée fixe. De plus, si on n’y prend pas garde on peut passer aussi pour un gros égoïste qui ne pense qu’à sa passion, ce dernier avis, c’est surtout pour l’entourage… donc un conseil de temps temps faut lâcher la bride et passer à autre chose… cela ne durera pas trop longtemps, rassurez-vous et le plaisir d’y retourner n’en sera que plus grand…
Alors cette passion de cette chasse de cet oiseau particulier, peut s’expliquer par plusieurs facteurs :
-d’abord cet oiseau vient nous voir chaque année à la même période. Certes,depuis quelques années, il a tendance à nous envahir, puisqu’il reste sur place dans pas mal de régions du Sud-Ouest, mais auparavant ils disparaissait. ce phénomène de la migration, ne peut qu’attiser la convoitise du chasseur. Aussi celui-ci mis au point des des techniques variées pour le saisir. Bien sûr le chasseur passionné au fil du temps. mis tout son savoir pour perfectionner et améliorer cette technique de chasse. En effet pour se saisir de l’oiseau, quelques cartouches et un fusil ne suffisent pas… donc vous le savez beaucoup de choses restent à faire. Et ceci bien sûr prends du temps bref, voilà de quoi occuper l’esprit et les bras pour un bout de temps. Et comme il faut toujours améliorer car les résultats ne sont pas toujours ceux espérés, la préparation de la chasse et de ce fait n’est jamais finie…
-de plus cette chasse nécessite des aides, je veux parler des appelants, que l’on nourrit que l’on élève pendant toute l’année, presque comme le chien de la famille. Ces oiseaux ont les chéris et on les aime aussi au point que jamais, l’un d’entre eux, ne finira dans une casserole!
-d’autre part si on peut passer pour certains un peu égoïste, en fait cette chasse se pratique rarement seul. Bien, au contraire, la générosité du Paloumayre est évidente, car bien sûr, c’est souvent le chef de cabane qui fait le plus gros du boulot. Bien sûr il se fait aider par les copains qui chasseront ou non plus tard avec lui. C’est là que réside le deuxième facteur expliquant aussi la passion de cette chasse. En effet, quoi de plus convivial que vivre toute une journée avec le petit déjeuner, puis le déjeuner avec des copains. Combien d’histoires restent gravées dans nos mémoires, les coups ratés, les coups réussis, les coups improbables…les attentes longues et désertiques, puis sans explication le vol tant espéré…
Alors pourquoi le tuer ?
Pas la peine de tourner autour du pot, la chasse par définition, c’est comme je l’ai dit précédemment une activité qui consiste à voir un chasseur qui cherche à attraper un chassé… et le chassé pour sa défense n’a que la fuite… donc!
De plus, le gibier traqué et généralement bon dans la casserole. Ceci n’est qu’une toute petite partie de la récompense du chasseur. En effet, la plus grande récompense s’est déroulée avant, la préparation de la palombiere et de la chasse, la traque ou ici le fait de poser l’oiseau là où on veut qu’il se pose est la plus grande récompense.
C’est vrais … l’on peut gracier et parfois certains le font, mais dans ce cas la récompense n’est pas totale …quoi que…
Serait- il possible de lire des jeunes, des gens de moins de 45 ans en fait.
Vous êtes l'avenir de la chasse, alors à vous la parole en quelques lignes aussi !
Dd24150...
Bonjour à tous et merci
A la lecture des différentes analyses, expériences, émois, transmissions..., c'est un régal. C'est également un grand repos de l'âme, un partage essentiel. Quel plaisir de vous lire! Mon ami Christian, comme toujours, tu as fait fort. Merci beaucoup. Sans discourir davantage, on se retrouve vite au sein de cette famille.
Si vous n'avez toujours pas de compte palombe.com, merci de créer un compte, sinon, il suffit de vous identifier...
